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Acouphènes, Dépression & radiations

  • Photo du rédacteur: Lesondesetnous
    Lesondesetnous
  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

Les écouteurs Bluetooth sont devenus omniprésents. Dans les transports, au travail, pendant le sport ou même au lit, certaines personnes les portent plusieurs heures par jour, parfois directement dans le conduit auditif.


Pourtant, une question mérite d'être posée : que se passe-t-il lorsque des symptômes auditifs apparaissent ? Et si les acouphènes n'étaient pas seulement un désagrément passager, mais le début d'un cercle vicieux pouvant conduire à l'anxiété, à l'isolement, voire à la dépression ?



Les acouphènes : bien plus qu'un simple sifflement

Les acouphènes correspondent à la perception d'un son sans source sonore extérieure : sifflement, bourdonnement, grésillement ou tintement.

Pour certains, ils restent discrets. Pour d'autres, ils deviennent permanents et envahissants.

Le problème n'est pas uniquement auditif.

Lorsque le cerveau perçoit un bruit continu dont il ne peut se débarrasser, il entre progressivement dans un état d'hypervigilance. Le système nerveux reste mobilisé, le sommeil se dégrade, la concentration diminue et la fatigue s'installe.


Lien entre acouphènes et dépression

Une revue scientifique regroupant de nombreuses études a montré qu'environ un tiers des personnes souffrant d'acouphènes présentent également des symptômes dépressifs.

Les chercheurs ne considèrent plus la dépression comme une simple conséquence psychologique des acouphènes.

Les deux phénomènes semblent partager des mécanismes biologiques communs :

👉 Dérèglement des circuits émotionnels du cerveau ;

👉 Perturbation de certaines voies neuronales impliquées dans l'attention ;

👉 Altération de la réponse au stress ;

👉 Dysfonctionnement de neurotransmetteurs impliqués dans l'humeur.

Autrement dit, les acouphènes ne touchent pas seulement l'oreille. Ils concernent également le cerveau.


Quand le sommeil se dégrade, tout s'accélère

L'un des premiers impacts des acouphènes concerne souvent le sommeil.

Difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, sensation de fatigue permanente : le cerveau n'obtient plus les périodes de récupération dont il a besoin.

Ce manque de sommeil augmente à son tour :

👉 l'irritabilité ;

👉 l'anxiété ;

👉 la sensibilité au stress ;

👉 le risque de symptômes dépressifs.

Le cercle vicieux est alors enclenché.

Acouphènes → mauvais sommeil → stress accru → perception renforcée des acouphènes → épuisement psychologique.


Le rôle des ondes électromagnétiques

Depuis plusieurs années, des chercheurs s'intéressent à une autre hypothèse : l'exposition aux radiofréquences émises par les téléphones portables, les casques Bluetooth ou les appareils sans fil pourrait-elle favoriser l'apparition ou l'aggravation des acouphènes ?


Plusieurs travaux soulignent que cette possibilité mérite d'être étudiée sérieusement. Une revue scientifique consacrée aux téléphones mobiles et aux acouphènes conclut que certaines études rapportent une fréquence plus élevée d'acouphènes chez les utilisateurs intensifs de téléphones sans fil.


Lorsqu'on parle d'acouphènes, l'attention se porte généralement sur le volume sonore.

Pourtant, les utilisateurs d'écouteurs sans fil cumulent souvent plusieurs facteurs :

➕ Exposition sonore prolongée ;

➕ Proximité immédiate de l'émetteur radiofréquence ;

➕ Utilisation quotidienne répétée ;

Exposition simultanée à d'autres sources d'ondes (smartphone, Wi-Fi, objets connectés).


La recherche étudie généralement chacun de ces facteurs séparément.

Dans la vraie vie, ils sont présents en même temps.

Or les effets biologiques cumulés sont rarement évalués.


Les écouteurs Bluetooth modernes sont utilisés plusieurs heures par jour, parfois à quelques millimètres seulement du conduit auditif, alors que nous manquons encore de recul sur les expositions chroniques de longue durée.


Le principe de précaution a-t-il encore un sens ?

Face aux incertitudes scientifiques, certains considèrent qu'il n'y a aucune raison de modifier leurs habitudes.

D'autres appliquent une logique plus simple :

Si un appareil n'est pas indispensable en permanence, pourquoi ne pas réduire son utilisation ?

Quelques mesures de bon sens peuvent être envisagées.



Source : PubMed

Décembre 2021

Auteurs : Jay Hyug Choi, Sung Su Park, So Young Kim

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